TRIBUNE : LE SPORT DE LOISIRS PREND LE PAS SUR L’ÉLITE
Libreville, 28 août 2026 ( Cafesportplus.ga)- Le constat est alarmant. Faute de suivi et d’accompagnement, le sport d’élite au Gabon se meurt. À l’approche des vacances, la prolifération des tournois ‘ buzz’ prend le pas sur les compétitions fédérales . Résultat : aucune politique sportive à court,moyen et long terme.
Que se passe-t-il en République gabonaise ?
Pendant que les fédérations sportives tirent la langue, le pays vit au rythme des tournois de vacances. Chaque personnalité politique veut son « Ora » personnel. Partout, des challenges s’organisent dans tous les recoins du pays.
Problème : ces compétitions de loisirs et de spectacle se tiennent au moment même où les activités officielles des fédérations prennent fin. On privilégie le sport-spectacle au détriment de l’élite, celle-là même qui est capable de faire hisser le drapeau national au sommet.
Des fédérations à l’agonie financière
La vérité est claire : depuis 4 ans, les fédérations sportives ne bénéficient plus de subventions de l’État. Cette manne permettait pourtant de boucler la saison.
Résultat ? Sur la saison 2025-2026, à peine la moitié des fédérations ont pu mener à bien leurs activités.
Les rares qui tiennent encore le coup sont dirigées par des présidents détenteurs d’un gros portefeuille et d’un excellent carnet d’adresses. Ils se débrouillent seuls, sans accompagnement de la tutelle.

Jusqu’à quand ? Beaucoup sont à bout de souffle et prêts à jeter le tablier pour se consacrer à leurs propres affaires.
Aucune vision, aucune structure
Aujourd’hui, aucune politique sportive n’est mise en place. A cela s’ajoute l’absence de structures et un manque criard d’objectifs affichés par les gouvernants.
On pratique le sport pour faire du buzz sur les réseaux sociaux. Le sport gabonais n’est plus compétitif, il n’a plus d’attraction. On assiste, soutenue par ceux qui gouvernent, à la montée du sport de loisirs et à la mort prématurée du sport d’élite, pourtant vecteur d’une nation qui veut aller de l’avant.
Deux poids, deux mesures
Le paradoxe est total. Des fédérations incapables d’organiser un championnat domestique dans l’année sont curieusement soutenues lorsqu’il s’agit de prendre en charge titres de transport, hébergement et restauration pour une sortie à l’extérieur.
A quoi peut-on s’attendre en termes de résultats si, durant toute la saison, aucun championnat ne s’est joué correctement ?
L’exemple du basketball est édifiant. Dans quelques jours, la sélection nationale A Hommes doit s’envoler pour Douala afin de prendre part à l’Afrocan du 28 septembre au 4 octobre 2026.

La fédération se débrouille pour la 1ère phase de préparation au gymnase du lycée Paul Indjendjet Gondjout. Problème : surface de jeu truffée de trous, salle éclairée à 40%. Les coachs et athlètes rallient le lieu d’entraînement en taxi, sans moyens de transport dédiés. En voyant le staff technique et les athlètes, malgré leur bonne volonté de bien faire, la précarité de se retrouver là saute à l’œil. La sélection nationale est une identité, et au Gabon on ne semble pas mesurer tous ça. La fédération Gabonaise de basketball fait des gros efforts à son niveau,la partition de l’État est très attendue.
Sous d’autres cieux, l’État aurait pris l’engagement sur la préparation de l’équipe. Pour preuve, le Congo RDC, adversaire du Gabon, est déjà en casernement du côté du Maroc. Pendant ce temps, les Panthères conjuguent avec les moustiques au gymnase du LPIG. Comme si le pays avait des difficultés de trésorerie.
Quelle vision pour demain ?
Le sport d’élite qu’on vante tant ne doit pas être un simple discours de propagande. Il doit être une réalité.
Au finish, quelle est la vraie vision du sport gabonais ?
Par Xavier Perez

