EXCLUSIF – ABESSOLO ADONIS : « ON NOUS PRENAIT POUR DES INOFFENSIFS, ON A MONTRÉ QU’ON EST DES DIABLES ! »
Libreville, 21 octobre 2026 (Cafesportplus.ga) – Révélation des Panthères A’ au tournoi de la Zone 4 à Douala, Abessolo Adonis s’est confié à Cafesportplus. Entre émotion , revanche et ambition pour Kigali 2027 , le héros d’ Awendje dit tout, sans filtre .

Champion d’Afrique Zone 4, ticket pour l’AfroCan 2027 en poche, trophée présenté à Awendjé devant le peuple du basket. Adonis, raconte-nous ce moment à Douala. Qu’est-ce que ça fait de faire taire le Cameroun à domicile et d’offrir ce titre au Gabon ?

Il fallait vraiment montrer à tous les acteurs du basketball gabonais que tout est possible. Nous avons vraiment du talent dans notre pays, voilà pourquoi il était important d’apporter ce trophée pendant ce tournoi inter-quartier dont je suis le créateur.
Pour moi, c’était la première fois que je sortais du Gabon, donc c’était vraiment magique et on n’avait pas droit à l’erreur. On voulait vraiment ce ticket pour le Rwanda et faire en sorte qu’on nous prenne un peu plus au sérieux dans ce sport qui n’est pas mis en lumière. Le Cameroun est une bonne équipe et nous savons qu’ils vont revenir plus forts, nous respectons vraiment cette équipe.
On t’a vu très en jambes, solide dans la raquette et clutch dans les moments chauds. Beaucoup disent que tu as livré ton match référence avec les Panthères. Toi, tu l’expliques comment cette montée en puissance ? C’est le travail, la confiance du coach Johd Masnoudji, ou la rage de défendre le vert-jaune-bleu ?
Je me suis préparé depuis le début de saison comme tous les athlètes de la capitale. Donc pour moi, si j’étais pris, je n’avais pas droit à l’erreur et oui, j’étais remonté à bloc. Mon pays, je dois le défendre quel que soit l’adversaire, je donnerai tout pour lui. Les coachs m’ont vraiment donné le feu vert pour tirer quand je suis libre, donc j’ai joué exactement comme je le fais d’habitude ici dans le championnat local, rien de trop étonnant.
Ce groupe des Panthères A’ avait une âme. On sentait une vraie fraternité sur le terrain, du banc jusqu’au cinq majeur. C’était quoi le secret de ce vestiaire à Douala, loin des polémiques de Libreville ?
On se connaît tous, car 11 des 12 sélectionnés jouons dans le championnat local, donc on connaît tous les forces et les faiblesses de chacun. Nous avons juste comblé les vides et laissé tout ce qui était négatif de côté. Le vestiaire était rempli d’encouragements, de détente, que ce soit avec les coachs ou les joueurs, on était remontés à bloc à chaque match.

Le public d’Awendjé dit que le basket est né là-bas. Quand vous avez présenté le trophée, des gamins sont venus toucher le trophée et prendre des photos avec vous. Quel message tu veux envoyer à cette jeunesse qui rêve de devenir le prochain Abessolo Adonis ?
Le basketball est né à Awendjé, je pense que c’est pour dire que les gars sont très forts là-bas et que le basketball est un sport très pratiqué dans ce quartier. Donc cette phrase, on ne va pas la refuser. Je pense que chacun peut créer à peu près le même slogan pour mettre son quartier en haut.
Dire que les jeunes veulent devenir le prochain moi… Je pense que chez moi, il y a encore du chemin. Je n’ai pas encore assez prouvé pour être un exemple, mais il faut un peu plus de temps et de travail et là, je pourrai dire qu’ils veulent être comme moi.
Maintenant, cap sur l’AfroCan 2027. Le Gabon est attendu, plus en tant qu’outsider mais en tant que champion de la Zone 4. Quel est ton objectif personnel et collectif pour cette grande messe continentale ?

J’ai déjà tellement envie d’y être, mais il faut prouver encore ici au pays que tu es l’un des meilleurs pour y aller. Donc nous avons beaucoup de travail. Ce ne seront pas les mêmes effectifs, ce ne sera pas juste les joueurs de la Zone 4, mais des champions de chaque zone d’Afrique, donc il va falloir bosser dur.
Mon objectif, c’est de faire mouche comme lors des qualifications, celui qu’on ne connaît pas, qu’on sous-estime, mais qui est très dangereux. Comme un Camerounais m’a dit à l’hôtel : « Toi, on te voit là comme un gars inoffensif dans l’équipe du Gabon, donc c’est toi le Diable même », avec l’accent.

Et pour ça, je remercie le président de la Fédération, les coachs, tout le staff et enfin mes coéquipiers qui ont eu confiance en moi. À nous revoir pour Kigali 2027 pour un nouveau chapitre.
Propos recueillis par EBE

